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Cette semaine j’ai décidé de parler allaitement! Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que j’en ai discuté récemment avec une future maman qui m’a confié vouloir donner le bib à son bébé et surtout « avoir « archi » marre » de la pression de son entourage pour allaiter. Un grand cliché me direz-vous, la fameuse guerre entre les tradi et les adeptes du silicone (sans mauvais jeu de mots!).

Mais, tout de même, après cette discussion, je me suis posée, gratté philosophiquement le front et j’ai essayé de me remémorer mon expérience avec l’allaitement, histoire de voir si vraiment l’allaitement est si privilégié. Donc après une courte réflexion, digne de la blonde que je suis, j’ai constaté la chose suivante: on ne m’a jamais autant proposé de donner le bib que depuis que j’ai annoncé vouloir allaiter 🙂

J’ai décidé ainsi de vous raconter l’histoire vue de l’autre côté, celui d’une maman qui a décidé d’allaiter (bon d’accord un peu au dernier moment) et qui, en fait, s’est rendue compte que « …euh … eh bah…euuhhh… on subit exactement la même pression et souvent par les mêmes personnes qui nous critiquent de ne pas choisir d’allaiter.  Je m’explique!

J’ai allaité mon bébé exclusivement pendant 6 mois, parce que j’étais et je reste persuadée que c’était pour son bien, mais je ne peux pas dire que cette expérience a été un long fleuve tranquille. Dès le début l’expérience de l’allaitement a été assez déconcertante.

Round 1: A l’hôpital

Le destin a fait que mon bébé a décidé de sortir un mois avant la date de livraison prévue, pressé de découvrir le monde à 36 semaines. Cela a eu au moins le mérite de m’apprendre qu’un bébé né avant 37 semaines n’a pas encore acquis le réflexe de succion, ce qui a rendu nos têtes-à-têtes initiales quelques peu laborieux.

Pendant que j’essayais de me dépatouillais avec un gnome modèle « hurleur » et ma nouvelle poitrine proéminente, (qui pouvait faire rougir Nabila en personne),  on m’a expliqué qu’il fallait donner des « compléments » à mon bébé. Eh oui, mon médecin a dit « il ne prend pas beaucoup de poids et  l’allaitement serait trop compliqué pour lui »…. Évidemment j’ai vécu cette annonce comme un échec personnel, un drame amplifié en partie (en trèèèès grosse partie) par le cocktail Molotov des hormones bouillonnantes post accouchement.

573376275d2241585a3afc26db1a77acCe n’est pas de ma faute diraient certains, il était trop faible pour téter, il fallait privilégier la facilité, comme ça les médecins sont rassurés, le bébé grossit rapidement, la maman est moins fatiguée, le bonheur est dans le pré enfin…façon de parler…Seulement voilà, j’avais envie de m’entêter (mon caractère de cochon des Balkans, certainement…), j’avais envie de lui donner du bon lait de « mamis » plutôt que du « palmis »… Pardon, je m’égare, mais il en bouffera déjà suffisamment quand il commencera à m’extorquer des Kinder et Milka en tous genres 🙂

Heureusement, et il faut également le dire, une personne de l’équipe médicale a eu la présence d’esprit de m’expliquer que je pouvais tout de même tirer mon lait et alterner sein/biberon de lait tiré, le temps que bébé grossisse. Car au bout de 3 jours un bébé a, normalement, acquis le réflexe de téter et peut alterner, avec une tétine adaptée, le lait tiré et le lait « à la source ». Youpiiii!!!! Finalement malgré ces débuts difficiles, l’allaitement a été installé et mon bébé a vite repris le poil de la bête. Et c’est là que nous sommes passés à l’acte 2: l’entourage ou du moins certains représentants de celui-là (qui a dit belle-maman?!).

Round 2:…quand belle-maman est arrivée …

Il faut dire que l’allaitement c’est « chiant » ça prend du temps, vous êtes moins disponible pour les autres, plus fatiguée, vous êtes à disposition de votre bébé, c’est dur …. En plus bébé qui pleure et voilà belle-maman bulgare qui arrive avec des théories tout droit sorties de la science médiévale médicale des années 80. Car il faut savoir que si le gnome pleure, c’est forcément la faute de votre lait (qui a parlé de coliques, dents et autres semblables là?!). Voici un extrait de mes préférées: « cet enfant il pleure, il doit avoir faim! Tu es sûre d’avoir suffisamment de lait, faudrait lui donner un petit bib, non? Arrête de lui donner toutes les 2 heures, il va prendre de mauvaises habitudes (logique contradictoire de belle maman oblige!). Tu devrais amener ton lait à analyser dans une labo, comme on le faisait à l’époque, il n’est peut-être pas suffisamment nourrissant? (celle-là c’est ma préférée….inestimable à répertorier dans le cahier des perles pour bien rigoler). Là dedans vous avez de quoi culpabiliser et angoisser un bataillon de mères novices 😉 .

Aaaah si seulement nous les femmes on pouvait naître avec le sein gradué et un écran digital nous informant en temps réel de la qualité de notre lait, cela aurait été parfait, propre et contrôlé!

Rajoutés à cela les conseils « avisés » de ma gynéco qui m’a annoncé qu’à 3 mois il fallait arrêter de le « couver »/allaiter et retourner ENFIN travailler, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il fallait s’entêter! 

Ils m’ont eue par K.O !

Au final on a arrêté l’allaitement au bout de 6 mois, mon bébé pleurait toujours autant (les dents très certainement), mais tout le monde était content et rassuré parce qu’il prenait son bib. Après avoir tant philosophé, pardon tergiversé je suis parvenue au constat suivant: que l’on choisisse le bib ou le sein, l’étiquette de la mère indigne nous guettent aux yeux de certains.  Dans le premier cas parce qu’on a choisi le LA dans le deuxième parce qu’on ne l’a pas choisi justement. Donc moi je dis, au final assumons nos rôles de mères indignes, tant pis, et comme dirait ma sage femme « mais par pitié faites vous confiance! » et n’écoutez pas votre belle-mère (bon d’accord cette dernière c’est moi qui l’ai rajoutée)!

Malgré toutes ces péripéties, je renouvellerai l’expérience de l’allaitement pour le petit second, parce que ce sont de supers moments de tendresse et de câlins avec bébé. La prochaine fois, simplement,  je m’achèterai des boules Quies!

4 COMMENTAIRES

  1. Coucou j’adore je vais allaitée moi. Au moins je suis prévenue du genre de phrases que j’entendrais. Sacré belle maman pour ma part elle est adorable. C’est plus ma maman qui fait office de sacré belle mère. Lol

    • Hello Chloé,
      ne t’inquiète pas, tout va bien se passer:) Juste n’oublie pas les boules Quies dans ton starter kit « allaitement » lol! et pour ta maman j’ai vécu aussi un peu ça…en fait on a presque l’impression de couper le cordon une deuxième fois, quand on devient nous-même mamans et faut s’affirmer vis-à-vis du « corps parental » :))

  2. Oh my god, j’ai connu sa aussi mais j’ai résisté à la famille et la belle famille! Ils n’auront pas la peau de mon allaitement! Je n’hésiterais pas à recommencer.

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