Souvenez-vous il y a quelque temps je vous racontais, avec un mélange d’ironie, de blasitude, bordées d’hystérie, les péripéties à travers lesquelles les jeunes parents en région parisienne (et je suis sûre ailleurs aussi!) sont obligés de passer pour trouver une place en crèche pour leur(s) enfant(s).

A l’époque je ne me sentais pas encore prête à raconter ma propre histoire, tellement la colère sur cette injustice infligée aux parents était encore bouillante!

Comment cela pourrait en être autrement, quand on ne vous dit strictement rien dès le début, si ce n’est qu’un vous êtes un numéro parmi tant d’autres et qu’il y a 10 demandes pour une place disponible en moyenne. Bref, inutile d’espérer quoi que ce soit autant vous débrouiller tout seul. D’ailleurs, c’est ce que me disaient d’autres mamans désabusées, déjà passées par là.

Pourtant moi j’y ai cru, vraiment, dès le début, certainement l’espoir fou du condamné à mort ou la naïveté totale de la jeune maman, allez savoir!

Jusqu’à ce jour fatidique où j’ai reçu un courrier laconique  du Service de la Petite Enfance qui m’annonçait qu’il n’y avait pas de place disponible pour mon enfant, POINT!

Et c’est tout?! Rien d’autre, ni pourquoi, ni comment, juste le bruit du couperet qui est tombé!

Sauf que je suis une chieuse, une « pas tranquille de nature », cela me travaillait! J’avais besoin de savoir pourquoi, quels sont les critères de sélection des demandes dans cette vaste nébuleuse qui est l’administration de la mairie et de la petite enfance. Au fond je crois que j’en avais besoin pour faire le « deuil ». Une explication qui tient la route, plus de transparence tout simplement, pour me dire « c’est vrai, c’est objectif, c’est comme ça, ces familles en avaient plus besoin que moi » !

Douce illusion encore une fois, si jamais vous avez le malheur d’essayer de savoir pourquoi vous avez essuyé un refus, un cyborg au visage totalement déshumanisé vous répond la phrase prémâchée suivante : « il n’y a pas suffisamment de place pour tout le monde Madame, c’est comme ça, vous n’avez qu’à trouver une assistante maternelle ».

Bah oui, évidemment c’est simple, comment je n’y avais pas pensé plus tôt?!

Parlons un peu recherche de nounous justement, expérience « délicieuse » qui m’a quelque peu « titillée »!

En dehors de tous les sujets concernant les tarifs pratiqués équivalents à un salaire du foyer, les allègements fiscaux que l’on vous fait convoiter, en cas de survie au bout de la première année (pratique n’est-ce pas?), c’est à croire que j’ai le don inné d’attirer tous les spécimens de la région parisienne.

La première dame rencontrée, au demeurant très gentille, m’a refusé pendant notre rendez-vous la visite de la chambre où dorment les enfants tant qu’on « ne fait pas affaire« . Je ne vous dis pas ce qui m’a passé par la tête en regardant cette « femme d’affaires » censée s’occuper de mon fils:  « mince, cette chambre elle ne l’a pas nettoyée depuis des mois, les gamins dorment à ras le sol ou pire encore elle n’a pas de chambre, tout court, elle les met sur le balcon »!!!

La deuxième a tenu spécialement à me mettre en garde pendant une bonne heure contre les pratiques de ses pairs qui laissent les gamins à leurs voisins/maris le temps de faire leurs courses et autres pratiques scandaleuses dans le genre, consistant à dire aux parents et à leur facturer surtout, les petits pots soi-disant faits maison alors même qu’ils arrivent tout droit de « la nounou Blédina ». C’est gentille de me prévenir mais qu’est-ce qui me garantit que cette « gente dame », elle, est plus digne de confiance?!

La troisième ne parlait pas français, mais elle avait en revanche cet avantage indéniable de coûter « pas cher ». Ainsi mon fils aurait pu apprendre une langue exotique et j’aurais pu exploiter un être humain et passer dans les reportages de « Zone interdite » de dimanche soir sur ces personnes ignobles qui profitent des êtres malheureux….

Au vu du budget nécessaire et les mésaventures rencontrées, on a dit alors STOP!

Tant pis un de nous allez faire une croix sur son boulot, le temps de trouver une solution, le temps d’essayer de négocier cette place en crèche tellement convoitée!

7 mois plus tard, plusieurs courriers envoyée, des réponse dédaigneuses de la mairie réceptionnées, des coups de fil et rencontres à gogo avec des directrices des halte-garderies passés, toujours pas de lumière au bout du tunnel. Nous avons fini par déménager. A bout et lassés de ces batailles administratives, cette fois-ci nous nous sommes contentés de déposer simplement un dossier.

Deux mois plus tard le PRECIEUX SESAME est arrivé!!!

Mon fils a eu une place en crèche pour la rentrée! Incroyable!!! Un moment de stupéfaction qui a été vite remplacé par une explosion de joie et de danses frénétiques pendant un quart d’heure sur « Pump it » de Black Eyed Peas. On pourra enfin reprendre une vie normale, travailler, mon bébé pourra enfin trouver des copains, appréhender la vie en communauté…Je commence à penser à l’adaptation, à cette nouvelle page pour nous tous!

Vous vous demanderez alors, mais comment a-t-elle fait pour avoir une place en crèche?!

Combien de fois ai-je tapé dans google, « astuces et conseils pour avoir une place en crèche » en espérant trouver la formule magique! Combien de fois ai-je essayé d’appliquer ces conseils sans aucun résultat?

Eh bien, cette fois-ci je n’ai strictement RIEN fait, si ce n’est remplir dûment le dossier, motiver ma demande et le déposer dans les délais. C’est TOUT!

Pas de fayotage conseillé, pas de courrier, pas de RTT déposés pour faire le pied de grue devant la mairie. Et ça a marché! Je crois qu’il n’y a pas de formule, pas forcément de justice même, juste du bol ou du « copinage » pour certains (mais j’en fais pas partie et m’y refuse, d’ailleurs).

Il n’empêche que les premiers instants de joie passés, j’ai eu une pensée pour tous ces parents qui allaient vivre la même mésaventure que moi, c’est pour cette raison j’ai voulu terminer ce billet sur un ton positif. Juste pour donner un petit espoir à ceux qui sont en galère, comme nous on l’a été. Cela finit par arriver et même maintenant que l’on a notre place, j’ai été contactée par une halte-garderie de mon ancienne commune qui avait eu une place disponible aussi. En quoi, même dans les communes les plus pourries et bouchées, on peut finir par y arriver!

Les choses peuvent toujours se dégoupiller, gardez la tête haute, keep the faith et ne laissez pas cette « grosse Bertha » qu’est l’administration locale vous décourager 😉DSC_1689

Mon précieux que j’envisage même d’encadrer 🙂

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4 COMMENTAIRES

  1. Ah la place en crèche ! doux rêve pour certains, réalité pour d’autres…
    Pour ma part je n’ai pas eu à me plaindre, j’ai eu une réponse et une place relativement rapidement (demande en mars, place pour octobre), mais c’est une crèche familiale donc peut-être moins demandée, je n’en sais rien…
    Une amie vers Nancy a aussi eu une place rapidement en micro-crèche… On a été étonnées toutes les deux de la rapidité alors que tout le monde nous disait que ça prendrait peut-être un an !
    Cela doit dépendre des villes, des structures (familiale, collective, privée…), du piston pour certaines communes, de la chance pour d’autres, du hasard, du génie dans la lampe, de la météo, du karma mdr… va savoir ??!
    En tout cas je nous souhaite que nos Gabriels s’y sentent bien 😀

    • C’est à croire que la maladie du refus de crèche sévit essentiellement en IDF alors ou plus particulièrement à Issy lol!

      P.S Je ne savais pas que ton mini gars s’appelle Gabriel aussi 🙂 Les grands esprits se rencontrent 🙂

    • Oh il reste des places à Meudon, cela semble pas vrai?!! Comment ça se fait? Qu’ils mutualisent alors avec les demandes de Clamart 🙂 Encore aujourd’hui j’ai vu une maman désespérée devant notre crèche qui voulait avoir un rendez-vous avec la directrice!

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